Avis Chainsaw Man Part 2 : bilan de l’Academy Saga de Fujimoto ?>

Avis Chainsaw Man Part 2 : bilan de l’Academy Saga de Fujimoto

Il y a à peine trois semaines, le 25 mars 2026, Tatsuki Fujimoto a mis un point final à Chainsaw Man Part 2. Le chapitre final est tombé sur Shonen Jump+, a fait crasher la plateforme le temps que tout le monde le lise, et a clos une saga qu’on suivait depuis 2022. Quatre ans de Part 2, 97 chapitres de Part 1 avant elle, un manga culte qui a façonné le shōnen moderne.

Je me suis gardé d’écrire cet article tant que la série tournait. Maintenant qu’elle est finie, je peux te parler de la Part 2 avec le recul qu’elle mérite. Et je peux te dire tout de suite : Fujimoto a fait un truc énorme. Différent de la Part 1. Plus frustrant par moments. Mais d’une ambition et d’une justesse rares.

Rappel du contexte

Pour ceux qui débarquent : Chainsaw Man est divisé en deux parties.

La Part 1 — « Public Safety Saga » (chapitres 1 à 97) a été prépubliée dans le Weekly Shōnen Jump de décembre 2018 à décembre 2020. Elle suit Denji, un ado pauvre qui fusionne avec son démon-chien Pochita pour devenir le Chainsaw Man. Elle a été adaptée en anime par MAPPA en 2022 (12 épisodes), puis en film Reze Arc sorti en septembre 2025.

La Part 2 — « Academy Saga » a démarré le 13 juillet 2022 sur Shonen Jump+ (la plateforme digitale). Elle a un nouveau protagoniste : Asa Mitaka, lycéenne introvertie qui fusionne avec le démon de la Guerre (Yoru). Le rythme de publication a alterné entre hebdomadaire et bi-mensuel. Elle s’est terminée le 25 mars 2026 sans qu’on sache jusqu’au dernier moment que ce serait la fin. Au total, 24 tomes publiés, plus de 35 millions d’exemplaires en circulation.

En France, c’est Kazé/Crunchyroll Manga qui édite. La publication française continue de suivre.

Ce que la Part 2 essayait de faire

Fujimoto a changé de perspective. Fini le point de vue de l’underdog qui devient un monstre. La Part 2 démarre du côté de la victime ordinaire, celle qui subit la violence du monde sans pouvoir y répondre.

Asa Mitaka est tout le contraire de Denji. Introvertie, solitaire, dégoûtée par les démons, traumatisée par la mort de sa mère. Elle se voit forcer d’héberger Yoru, le démon de la Guerre, après que le démon de la Justice l’ait tuée. Yoru veut tuer Chainsaw Man — qui est devenu une célébrité mondiale pendant l’intervalle. Asa veut juste récupérer son corps et vivre tranquille.

Le génie du pitch, c’est que Denji n’est plus le héros. Il est devenu un phénomène de société, une obsession collective. Les lycéens portent des t-shirts Chainsaw Man, il y a des théories fan sur lui, des débats sur ses motivations. La Part 2 met en scène le monde qui a existé autour de la Part 1, vu par quelqu’un qui n’en a pas été le centre. C’est méta, c’est malin, et ça donne à Fujimoto l’occasion de faire un commentaire sur la culture fan elle-même — celle de Chainsaw Man, en l’occurrence.

Ce qui a fonctionné

L’ambition narrative. Peu de mangakas osent changer de protagoniste en plein milieu de leur série culte. Fujimoto l’a fait sans filet, en sachant qu’il perdrait une partie de son lectorat. Ça demande du cran et une vraie vision d’auteur.

Asa et Yoru comme duo. La dynamique entre la lycéenne anxieuse et le démon de la Guerre désinvolte a porté la série. Asa qui veut sa vie normale, Yoru qui veut la pousser à la violence — ce bras de fer intérieur a produit certaines des meilleures pages de Fujimoto. Le fait que Yoru soit si faible physiquement (elle doit transformer des objets précieux en armes) crée des dilemmes émotionnels que la Part 1 n’explorait pas.

Les arcs thématiques. Fujimoto a traité la culpabilité collective (l’arc de la Faim), la célébrité toxique (Chainsaw Man comme produit commercial), le harcèlement scolaire (les classmates d’Asa), la manipulation politique (le gouvernement utilise les démons). C’est beaucoup plus adulte que la Part 1, plus politique, plus ancré dans des problématiques réelles.

Le dessin. Fujimoto est toujours aussi singulier. Son découpage est le meilleur du shōnen actuel, ses pages doubles marquent la rétine, ses personnages sont identifiables en une silhouette. La Part 2 est visuellement aussi forte que la Part 1, avec peut-être encore plus de maturité dans la mise en page.

La fin, une fois digérée. Le dernier chapitre a surpris tout le monde — pas par un twist fracassant, mais par sa simplicité. Denji et Power qui reprennent leurs aventures comme au premier chapitre. Nayuta qui remplace Makima. Denji qui sauve Asa d’un démon. Pas de héros, juste « un homme avec une tronçonneuse » qui fait ce qu’il faut. Une boucle bouclée, à la fois mélancolique et paisible. Fujimoto a choisi la douceur là où on attendait le feu d’artifice.

Ce qui a frustré

Il faut être honnête : la Part 2 a divisé. Beaucoup. Certains reproches reviennent, et ils sont légitimes :

Un rythme plus lent. Fujimoto a pris son temps. Les arcs se déploient sur plus de chapitres, avec des passages purement tranches de vie qui cassaient le rythme pour les lecteurs habitués à l’intensité de la Part 1. Certains ont décroché, jugeant que « rien ne se passait ».

Denji moins central, moins lisible. Son arc dans la Part 2 est celui d’un personnage qui a tout perdu et qui refuse de renouer avec ce qu’il était. Il est moins drôle, moins flamboyant, souvent passif. Pour ceux qui aimaient le Denji de la Part 1 (l’ado pulsionnel qui veut juste toucher des seins), c’était un choc.

Des pistes qui semblent lâchées. Certains personnages introduits massivement (Fami, Quanxi de retour, les Horsemen secondaires) n’ont pas eu le développement qu’on attendait. La fin fait sens à la relecture, mais donne par moments l’impression que Fujimoto a dû raccourcir.

Le chapitre final expéditif. Comme pour Jujutsu Kaisen six mois plus tôt, la communauté est partagée sur la conclusion. Certains y voient un chef-d’œuvre méta, d’autres un abandon des enjeux. Les deux lectures se défendent.

La question qui fâche : Part 1 ou Part 2 ?

Tu vas me demander : laquelle des deux est meilleure ? Je t’épargne le « ça dépend » trop facile. Voilà mon vrai avis :

La Part 1 est plus jouissive. Elle est nerveuse, elle frappe vite, elle enchaîne les morceaux de bravoure. L’arc de Makima est peut-être le meilleur arc de shōnen contemporain, point. Si tu veux un shot pur d’adrénaline, c’est la Part 1.

La Part 2 est plus riche. Elle creuse, elle ralentit, elle te laisse avec des questions. Si tu veux du manga d’auteur avec de la profondeur thématique, c’est la Part 2. Fujimoto y fait du Fujimoto comme dans ses one-shots Look Back et Goodbye, Eri — plus intime, plus littéraire.

Les deux parties sont complémentaires. Lire l’une sans l’autre, c’est passer à côté de la moitié du propos. Fujimoto a construit une œuvre en diptyque, pas une série à tiroirs.

Faut-il lire ?

Si tu as déjà lu la Part 1 et que tu hésitais sur la Part 2 : lance-toi. Maintenant qu’elle est finie, tu peux tout dévorer d’une traite, éviter l’attente hebdo qui a décalé certains lecteurs, et juger l’œuvre comme un tout. C’est le meilleur moment pour y entrer.

Si tu n’as jamais lu Chainsaw Man : commence par le tome 1 chez Crunchyroll Manga. La Part 1 se lit en 11 tomes, c’est dense, c’est marquant, c’est indispensable. Si ça te prend, enchaîne sur la Part 2. L’intégrale fait 24 tomes au total, c’est un investissement, mais c’est une des œuvres les plus importantes du manga moderne.

Dans le même registre « shōnen moderne qui ose », tu peux compléter avec Hell’s Paradise (shōnen dark fini en 13 tomes, thématiques existentielles similaires) ou Dandadan (même audace narrative, ton différent).

Pour l’anime, commence par la saison 1 MAPPA, enchaîne le film Reze Arc (2025), et attends la saison 2 Assassins Arc annoncée en décembre 2025. Pour la Part 2 en anime, il faudra être patient — rien n’est encore annoncé, et vu l’ampleur du matériau, ce sera plusieurs saisons.

Mon verdict final

Chainsaw Man Part 2 est un objet littéraire qui dépasse le shōnen. Fujimoto a pris ses risques, a perdu des lecteurs, en a convaincu d’autres, et a livré au final une œuvre qui résonnera longtemps. Sa fin divise mais elle est cohérente, elle parle à tous ceux qui ont suivi la série, et elle assume ses choix.

On reparlera de cette Part 2 dans dix ans. Pas forcément comme d’un shōnen parfait — elle ne l’est pas. Mais comme d’une œuvre qui a essayé de dire quelque chose sur le monde, sur la célébrité, sur la violence ordinaire, sur ce qui reste quand le héros n’est plus là. Et qui y est largement arrivée.

Merci Fujimoto. Et maintenant, qu’est-ce que tu nous prépares ?

FAQ — Chainsaw Man Part 2

Quand se termine Chainsaw Man Part 2 ?

Le dernier chapitre a été publié le 25 mars 2026 sur Shonen Jump+. La Part 2 a duré près de 4 ans, de juillet 2022 à mars 2026.

Combien de tomes pour Chainsaw Man au total ?

24 tomes au total : 11 tomes pour la Part 1 (Public Safety Saga) et 13 tomes pour la Part 2 (Academy Saga). L’œuvre est disponible en France chez Crunchyroll Manga.

Chainsaw Man Part 2 sera-t-il adapté en anime ?

Pas encore annoncé officiellement. La saison 2 Assassins Arc annoncée en décembre 2025 adapte la suite de la Part 1. Pour la Part 2, il faudra attendre plusieurs saisons.

Où commencer si je découvre Chainsaw Man ?

Par le tome 1 de la Part 1. La Part 2 n’a de sens qu’après avoir lu la Part 1 en entier. L’ensemble fait 24 tomes : c’est un investissement mais qui vaut largement le coup.


Tu as lu la fin ? Tu es team Part 1 ou team Part 2 ? Dis-moi tout en commentaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.