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The Bugle Call (Ki-oon) : le manga de guerre méconnu où la musique décide des batailles

Fiche manga18/20
Titre original
Sensô Kyoushitsu (戦奏教室)
Éditeur
Ki-oon
Auteur
Mozuku Sora (scénario) / Higoro Toumori (dessin)
Traduction
David Le Quéré
Date de sortie
07 mars 2024
Pages
250
Prix
7,95 €
The Bugle Call (Ki-oon) : le manga de guerre méconnu où la musique décide des batailles
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Il y a des mangas qui passent totalement sous les radars, écrasés par les grosses sorties du mois, et qui méritent pourtant qu’on s’arrête dessus. The Bugle Call fait partie de ceux-là. Cette dark fantasy de guerre signée Ki-oon a un pitch qui n’a rien à voir avec ce qu’on lit d’habitude : un gamin qui rêve de musique, coincé sur des champs de bataille, dont le seul pouvoir est de « voir » les sons. J’ai dévoré les deux premiers tomes, et je suis là pour vous convaincre de lui laisser sa chance.

The Bugle Call en bref

  • Titre original : Sensô Kyoushitsu (戦奏教室)
  • Scénario : Mozuku Sora — Dessin : Higoro Toumori
  • Éditeur VF : Ki-oon (collection Seinen)
  • Genre : dark fantasy / guerre
  • Tomes : série en cours, une dizaine de volumes au Japon
  • Prix : 7,95 € le tome
  • Public conseillé : 14+ (scènes de guerre très crues)
  • Ma note : 18/20
  • Le verdict en une phrase : une dark fantasy de guerre à l’idée de départ géniale, portée par un héros attachant et une violence sans fard, qui ne mérite pas son statut de manga méconnu.

De quoi ça parle ?

Luka est un orphelin de 14 ans recueilli par le chef d’un groupe de mercenaires. Il n’est pas comme les autres : une branche pousse sur son crâne, et il a la capacité de voir les sons, matérialisés sous forme de traits de lumière. Sur le champ de bataille, cette particularité fait de lui un clairon : c’est lui qui transmet les ordres à la troupe via son instrument, qui organise les charges et sonne les retraites. En clair, il est le cœur battant de la bataille sans jamais vraiment lever l’arme.

Le problème, c’est que Luka déteste tout ça. Ce qu’il veut, lui, c’est devenir musicien et vivre de sa passion, loin du fracas et du sang. Sauf que la guerre ne le lâche pas : il croise bientôt d’autres « branchus », des individus dotés comme lui de pouvoirs surnaturels, qui font des ravages dans les rangs. Et cette fois, rêver de musique ne suffira pas à le garder en vie.

Un concept de départ vraiment original

C’est le premier truc qui m’a happé, et de loin. Des mangas de guerre en dark fantasy, on en a des dizaines. Mais un héros dont le pouvoir est de voir le son et dont l’arme principale est un clairon, ça je ne l’avais jamais vu. L’idée n’est pas juste un gadget : elle irrigue toute la mise en scène des combats. Là où d’habitude on suit le plus fort du champ de bataille, ici on suit celui qui la lit, qui l’anticipe, qui la met en musique au sens propre. Les traits de lumière qui matérialisent les sons donnent des planches magnifiques et transforment complètement la façon de raconter une bataille.

Ce déplacement du regard, du guerrier vers le clairon, c’est toute la force du titre. On n’est pas dans le fantasme du surpuissant, mais dans la tête de celui qui doit survivre à l’horreur avec une sensibilité qui n’a rien à faire là.

Une violence sans concession

Autant vous prévenir tout de suite : The Bugle Call ne fait pas dans la dentelle. La guerre y est montrée pour ce qu’elle est, sale et cruelle, sans glorification. Villages pillés, exactions, corps mutilés : le manga assume un réalisme qui rappelle l’ambiance de Vinland Saga. Ce n’est pas de la violence gratuite pour choquer, c’est un parti pris cohérent avec le propos. Si Luka rêve à ce point d’y échapper, c’est justement parce que ce quotidien est insoutenable, et le lecteur le ressent pleinement.

Ce contraste entre la brutalité du monde et la douceur du rêve de Luka est le moteur émotionnel de la série. C’est aussi ce qui la réserve à un public averti : les 14 ans conseillés par l’éditeur sont à prendre au sérieux.

Luka, un héros à contre-courant

On s’attache vite à lui. Luka n’a rien du protagoniste de shonen increvable et increvablement optimiste. C’est un gamin lucide, marqué par ce qu’il a vu, qui aspire simplement à autre chose. Le fait qu’il ne soit pas un combattant au sens classique, mais un maillon indispensable de la stratégie, en fait un personnage qu’on n’a pas l’habitude de suivre. Sa relation avec son père adoptif, le chef mercenaire aussi fin stratège qu’impitoyable, ajoute une profondeur bienvenue et évite le manichéisme.

Des dessins et une mise en page au service de l’action

Higoro Toumori livre un trait vif et nerveux, parfaitement raccord avec le chaos des batailles. La mise en page est dynamique, lisible même dans les scènes les plus denses, et la trouvaille visuelle des sons matérialisés en lumière donne des moments graphiques vraiment marquants. C’est le genre de dessin qui sert le récit plutôt que de chercher à en mettre plein la vue pour rien.

Le seul vrai bémol : la jaquette

Et c’est peut-être ça, le drame de The Bugle Call, et la raison pour laquelle il reste si méconnu. Soyons honnêtes : la couverture ne donne pas spécialement envie et ne rend pas justice à ce qu’il y a à l’intérieur. En rayon, au milieu des jaquettes tape-à-l’œil, il ne saute pas aux yeux. C’est bête, mais ça compte, et je suis persuadé que le titre a perdu pas mal de lecteurs potentiels à cause de ça. Alors mon conseil : ne vous fiez surtout pas à la couverture, ce serait passer à côté d’une vraie pépite.

The Bugle Call : mon avis, faut-il craquer ?

Oui, sans hésiter. The Bugle Call réunit un concept original, un héros attachant, une violence assumée qui donne du poids au récit, et des dessins qui portent parfaitement l’ensemble. C’est exactement le genre de manga qui gagne à être connu et dont on a envie de parler autour de soi. Après deux tomes dévorés, je mets un franc 18/20 et j’attends la suite avec impatience. Si vous aimez les dark fantasy de guerre sans concession à la Vinland Saga, mais avec une identité bien à elle, foncez.

Où le trouver : The Bugle Call – Tome 1 sur Amazon (lien affilié). Pensez à prendre les deux premiers tomes d’un coup, vous enchaînerez sans frustration.

FAQ : The Bugle Call

The Bugle Call, ça parle de quoi ?

C’est une dark fantasy de guerre qui suit Luka, un orphelin de 14 ans capable de voir les sons. Recueilli par des mercenaires, il sert de clairon sur les champs de bataille, transmettant les ordres via son instrument, alors qu’il ne rêve que de devenir musicien loin de la violence.

Combien y a-t-il de tomes de The Bugle Call ?

La série est en cours. Une dizaine de tomes sont parus au Japon, et Ki-oon assure la publication française depuis mars 2024. Elle est prépubliée dans le magazine Jump SQ de Shûeisha.

À quel manga ressemble The Bugle Call ?

Pour son réalisme et sa vision sans fard de la guerre, on le rapproche souvent de Vinland Saga. Il s’en distingue toutefois par son concept unique du clairon qui voit les sons, une idée qui lui donne une identité vraiment à part.

The Bugle Call est-il adapté à un jeune public ?

Non, plutôt à un public averti. L’éditeur conseille 14 ans et plus, et c’est justifié : le manga contient des scènes de guerre très crues (pillages, exactions, mutilations). La violence n’est pas gratuite, mais elle est bien présente.

Qui sont les auteurs de The Bugle Call ?

Le scénario est signé Mozuku Sora et le dessin Higoro Toumori. The Bugle Call est la première série longue de ce duo d’auteurs. La traduction française est assurée par David Le Quéré.

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