Avis Sakamoto Days : tueur à gages devenu épicier, le shōnen qui cartonne
Il y a des mangas qui t’intriguent dès la couverture. Sakamoto Days, c’est exactement ça. Sur la jaquette du tome 1, un type bedonnant en tablier d’épicier, l’air blasé, avec trois balles qui arrivent vers sa tête. Le genre d’image qui te fait te dire « bon, ok, je veux voir ce qui se passe là-dedans ». Et à la lecture, le contrat est largement tenu.
Yuto Suzuki a démarré sa série fin 2020 dans le Weekly Shōnen Jump de la Shūeisha, après avoir fait ses armes sur le one-shot Garaku. Depuis, Sakamoto Days est devenu l’une des séries les plus populaires du magazine, au point que l’adaptation animée sortie sur Netflix en janvier 2025 est restée dix semaines consécutives dans le Top 10 mondial de la plateforme. En France, c’est Glénat qui publie le manga depuis avril 2022, et le rythme de sortie est plutôt tenu — le Japon en est déjà au tome 26.
J’ai dévoré les premiers tomes, regardé la première saison de l’anime au fur et à mesure, et je pense avoir assez de recul pour te dire pourquoi cette série mérite largement le buzz.
Un concept simple mais redoutable
Taro Sakamoto était le tueur à gages. Pas un tueur, le tueur. Une légende du milieu, craint par les mafieux, admiré par ses pairs. Et puis un jour, il tombe amoureux de la caissière de sa supérette habituelle. Fin de carrière. Il l’épouse, fait un gosse, reprend l’épicerie, prend vingt kilos, et coule des jours paisibles.
Sauf que dans les milieux qu’il a fréquentés, on ne prend pas sa retraite. Quand Shin, un jeune tueur télépathe, débarque pour le ramener dans le métier, Sakamoto doit replonger. Mais sa femme Aoi lui a imposé une règle : plus jamais tuer, sinon divorce.
Tout le sel de la série est là. Sakamoto doit gérer des assassins surarmés, des complots internationaux, une prime astronomique sur sa tête… sans tuer personne. Il neutralise ses ennemis à coups de boîtes de conserve, avec des chariots de supermarché, avec tout ce qui lui tombe sous la main. C’est John Wick passé au filtre de Gintama, et ça fonctionne au-delà de ce qu’on pourrait imaginer.
Ce qui fait que ça marche aussi bien
Ce qui me frappe en relisant la série, c’est la précision du dessin de Suzuki sur l’action. Les scènes de combat sont pensées comme des séquences de film, avec un sens du mouvement et du placement dans l’espace que tu retrouves rarement dans un shōnen hebdo. Chaque bagarre a sa logique, son decor exploité à fond, ses idées visuelles. Et surtout, Suzuki arrive à faire tenir l’humour et l’intensité dans la même case, ce qui est un exercice franchement casse-gueule.
Le casting secondaire est ce qui rend la série vraiment attachante sur la durée. Shin le télépathe naïf, Lu la mafieuse chinoise qui se bat mieux bourrée qu’à jeun, Heisuke le sniper excellentissime mais qui s’oublie systématiquement, Nagumo l’assassin farceur… Chacun pourrait porter son propre spin-off. Suzuki construit progressivement une galerie de personnages qui dépasse largement le duo de tête, et c’est ce qui donne à la série son vrai souffle une fois passé le concept initial.
Côté reconnaissance, la série a été nommée aux Next Manga Awards 2021 et a remporté le prix U-Next la même année. Plus révélateur encore : Hiromu Arakawa elle-même (oui, l’autrice de Fullmetal Alchemist) a recommandé la série sur l’obi du tome 6. Quand Arakawa vante ton taf, t’as coché une case. D’ailleurs, si tu aimes Arakawa, jette un œil à mon avis sur Tsugai, son nouveau manga adapté par Bones.
L’adaptation Netflix — début poussif, montée en puissance
Je ne vais pas te mentir : j’ai été circonspect devant les premiers épisodes de l’anime. TMS Entertainment a les épaules (c’est le studio de Detective Conan et Dr Stone), le scénariste Taku Kishimoto est une valeur sûre (il a écrit Haikyū!! et Blue Lock), mais l’animation des tout premiers épisodes m’a laissé sur ma faim. Ça manquait de pêche, l’humour passait mal, je me demandais si le pari allait tenir.
Et puis vers le milieu de la première partie, ça décolle. La deuxième partie de saison (diffusée à partir de juillet 2025) enfonce le clou : l’animation monte d’un cran, les séquences d’action deviennent franchement impressionnantes, et l’adaptation trouve enfin son rythme. La saison 2 a été annoncée à la Jump Festa 2026, donc ce n’est clairement que le début.
Si tu veux entrer par l’anime, mon conseil : passe les deux-trois premiers épisodes un peu mous et juge sur la suite. Ce n’est pas représentatif du vrai niveau de la série.
Par où commencer ?
Honnêtement ? Par le manga. L’anime est sympa une fois lancé, mais le découpage de Suzuki est tellement cinématographique que tu perds beaucoup à ne le voir qu’animé. Les tomes Glénat sont bien finis, la traduction est solide, et à 7,20€ le volume tu as de quoi faire.
Si tu veux tester avant d’investir, les trois-quatre premiers tomes suffisent à savoir si le truc est pour toi. Soit l’équilibre humour/action te parle, soit pas — mais il faut au moins aller jusqu’à l’arrivée de Lu et de l’Ordre pour avoir une vraie idée de ce que la série a dans le ventre.
Pour qui c’est fait ?
Sakamoto Days marche si tu aimes :
- les shōnens d’action avec un vrai sens du combat chorégraphié
- l’humour pince-sans-rire et les situations absurdes
- les héros underdogs qu’on sous-estime
- le ton John Wick passé au Japon (tueurs à gages, code d’honneur, baston stylée)
Ça marche moins bien si tu cherches du drama pur, de la fantasy, ou du shōnen plus classique à la My Hero Academia. Ici, c’est cadré, c’est urbain, c’est contemporain, et ça assume son côté décalé.
Dans le même registre shōnen Jump actuel qui vaut largement le détour, je te recommande aussi ma review de Kagurabachi ou celle d’Ichi the Witch.
Mon verdict
Sakamoto Days est ce que le Weekly Shōnen Jump sait faire de mieux depuis Jujutsu Kaisen : une série qui marie concept fort, personnages mémorables et action d’exception, sans jamais se prendre au sérieux. Yuto Suzuki a réussi ce tour de force rare de prendre un pitch casse-gueule (un tueur à gages qui ne peut plus tuer) et d’en faire un des manga les plus lisibles et les plus jouissifs du moment.
À lire sans hésitation. Et si tu as déjà Netflix, à regarder dans la foulée — en étant patient sur les premiers épisodes.
FAQ — Sakamoto Days
Combien de tomes pour Sakamoto Days en France ?
Les éditions Glénat publient la série depuis avril 2022. Le Japon compte 26 tomes début 2026, la France suit à un rythme régulier.
L’anime Sakamoto Days est-il fidèle au manga ?
Oui, l’adaptation de TMS Entertainment suit fidèlement le manga. Le scénariste Taku Kishimoto (Haikyū!!, Blue Lock) gère bien le rythme. Seule faiblesse : l’animation des tout premiers épisodes, qui monte fortement en puissance ensuite.
Y aura-t-il une saison 2 de Sakamoto Days ?
Oui, la saison 2 a été annoncée lors de la Jump Festa 2026. Pas de date de diffusion confirmée pour l’instant.
Par quoi commencer : manga ou anime ?
Le manga, sans hésitation. Le découpage de Yuto Suzuki rend bien mieux en lecture. L’anime reste intéressant mais se regarde idéalement en complément.
Et toi, tu as accroché à Sakamoto Days ? Tu préfères le manga ou l’anime ? Dis-moi en commentaire.
