Mon avis sur Ichi the Witch — le nouveau phénomène du Shōnen Jump débarque en France ?>

Mon avis sur Ichi the Witch — le nouveau phénomène du Shōnen Jump débarque en France

Il y a des mangas dont on entend parler avant même de les avoir ouverts. Ichi the Witch (魔男のイチ, Madan no Ichi) fait partie de ceux-là. Lancé en septembre 2024 dans le Weekly Shōnen Jump, il s’est hissé en quelques mois à la deuxième place du classement du magazine derrière One Piece, avec plus d’un million d’exemplaires écoulés avant même sa sortie internationale. Autant dire que les attentes étaient élevées quand Ki-oon a enfin sorti les deux premiers tomes en France le 12 février 2026.

Je l’attendais. Je l’ai lu. Voilà ce que j’en pense.

Un duo d’auteurs qui force le respect

Avant de parler du manga lui-même, impossible de passer sous silence les noms derrière le projet. Le scénario est signé Osamu Nishi, connu pour Iruma à l’école des démons, une série qui a su construire un univers fantasy riche avec une vraie progression des personnages. Les dessins sont quant à eux l’œuvre de Shiro Usazaki, la dessinatrice d’Act-Age — un manga qui avait tout pour devenir un monument, brutalement interrompu pour des raisons extérieures à l’œuvre elle-même.

Ichi the Witch, c’est donc le grand retour d’Usazaki, et visiblement, elle n’a rien perdu de son talent. Ce seul fait justifie l’attention portée à la série.

Le concept : simple en surface, malin en profondeur

L’univers se construit autour d’une règle claire : dans ce monde, des créatures magiques appelées majiks errent et menacent les humains. Pour les combattre, des chasseuses spécialisées — les sorcières — réalisent un rituel de défi contre ces créatures pour en absorber le pouvoir. Problème : seules les femmes peuvent, en théorie, devenir sorcières.

C’est là qu’entre en scène Ichi, un gamin élevé seul dans la montagne depuis ses six ans, taillé pour la survie, qui ne connaît que la chasse et les combats. Quand un majik particulièrement dangereux menace le village voisin, Ichi n’hésite pas — et remporte le combat. Il devient ainsi le premier sorcier de l’Histoire.

Ce renversement du schéma classique « monde réservé aux femmes / héros masculin » est traité avec subtilité. Ce n’est pas un prétexte pour faire du fan service ou sous-entendre que les hommes sont « meilleurs ». C’est au contraire un moteur de tension narrative et de questionnements sur l’identité, l’appartenance, et ce que signifie maîtriser un pouvoir qui ne devrait pas être le sien.

Les dessins : une claque visuelle

Usazaki livre exactement ce qu’on attendait d’elle. Son trait est dynamique, expressif, précis. Les séquences d’action sont lisibles sans jamais être plates, les personnages ont une vraie présence, et les majiks — ces créatures de magie — sont visuellement inventifs et menaçants.

On retrouve cette même capacité qu’elle avait sur Act-Age à faire passer des émotions intenses en quelques cases, sans artifice. C’est rare dans un shōnen où les cases sont souvent surchargées d’effets pour compenser un manque de profondeur.

Ce qui fonctionne vraiment

Le rythme est excellemment calibré. La série ne perd pas de temps à poser des tonnes d’exposition — on est dans l’action dès le premier chapitre, et les règles du monde s’installent naturellement dans le récit. Ichi est un personnage attachant précisément parce qu’il n’est pas omniscient ni surpuissant dès le départ : il a un instinct de chasseur, de la détermination, et une vraie naïveté qui rend ses réactions crédibles.

Le manga réussit également à poser des enjeux émotionnels solides sans tomber dans le mélodrame facile. On sent que Nishi maîtrise son histoire sur le long terme, ce qui est rassurant pour s’investir dans une série encore en cours.

Ce qui peut dérouter

Les codes du shōnen restent très présents. Si tu cherches une œuvre qui casse radicalement les conventions du genre, tu risques d’être modérément surpris sur certains aspects. Le format hebdomadaire du Jump impose parfois un rythme de progression chapitre par chapitre qui se ressent à la lecture en volume — certains passages auraient gagné à être condensés.

Ce sont des points mineurs, mais honnêteté oblige.

Le verdict

Ichi the Witch mérite son buzz. C’est un shōnen bien construit, porté par des dessins au niveau des meilleures productions du genre, avec un concept solide et un héros qu’on a envie de suivre. Ki-oon a fait le bon pari en sortant les deux premiers tomes simultanément — ça permet de vraiment rentrer dans l’univers sans frustration.

Est-ce que ça va devenir le prochain Naruto ou Demon Slayer ? Trop tôt pour le dire. Mais les fondations sont là, et c’est clairement l’une des meilleures nouvelles séries du moment si tu es fan de fantasy shōnen.


Ichi the Witch — Scénario : Osamu Nishi / Dessins : Shiro Usazaki
Édité en France par Ki-oon — Tomes 1 & 2 disponibles depuis le 12 février 2026 — 7,20 € le tome

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