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The Marshal King (Boichi) : le western steampunk que j’ai dévoré, et une édition collector qui sublime le trait

Détails
Titre original : The Marshal King Editeur : Doki-Doki Auteur : Boichi Traduction : Date de sortie : 01 juillet 2026 Pages : 208 Prix : 7,95 € (édition classique) / 9,95 € (édition collector) €
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Il y a des mangas qu’on lit, et d’autres qu’on dévore d’une traite en oubliant l’heure. The Marshal King fait clairement partie de la seconde catégorie. Dernière série en date de Boichi, cette fois seul aux commandes du scénario ET du dessin, elle débarque chez Doki-Doki pile pour les 20 ans de l’éditeur. Et autant le dire tout de suite : les dessins sont fous. Ce sera le fil rouge de cet avis sur The Marshal King.

De quoi ça parle ?

Dans une ère de désolation où les desperados sèment le chaos, un homme traverse seul le désert en traînant derrière lui un cercueil. Celui de M. Godspeed, hors-la-loi invincible et légende noire du continent. L’homme s’appelle Jim Godspeed, et c’est son fils. Il prétend avoir tué son propre père, en apporte la dépouille comme preuve, et proclame vouloir devenir marshal.

Tout le sel du récit tient dans cette ambiguïté : que cache vraiment le cœur de ce fils de bandit notoire ? La justice, ou le mal ? Boichi installe ce doute dès les premières pages et refuse de le lever trop vite. On avance donc en terrain miné, jamais sûr de savoir à qui on a affaire.

Un western steampunk qui assume ses références

Sur le papier, c’est un shonen d’action. Dans l’exécution, c’est bien plus que ça. Boichi transpose son amour du western spaghetti (les duels au cordeau, les plaines arides, les silhouettes solitaires) dans un univers post-apocalyptique teinté de steampunk. Les codes du Far West sont tous là : hors-la-loi, écoles de marshals, loi du plus rapide. Mais l’auteur y greffe sa propre mythologie, avec une arme légendaire scellée comme une relique et une institution presque chevaleresque.

Si vous cherchez des points de repère, l’ambiance parlera aux lecteurs de Trigun pour son grand Far West futuriste, et à ceux de Gunnm pour la science-fiction qui passe par la rouille, les ruines et les corps abîmés. Derrière son vernis d’action pure, le manga interroge surtout l’héritage de la violence : que fait-on du sang qu’on porte dans son nom ?

Les dessins : là où Boichi écrase la concurrence

On ne va pas se mentir, c’est pour ça qu’on ouvre un Boichi. Chaque planche est composée comme un plan de cinéma, et l’influence du grand écran saute aux yeux à chaque case. Le cadrage, la gestion de l’espace, la démesure des scènes d’action : tout respire le storyboard de film. C’est ce trait immédiatement reconnaissable qui transforme la lecture en projection.

L’édition collector : le trait mis à nu

Et c’est là que Doki-Doki a eu la bonne idée. Pour marquer le retour de Boichi à son catalogue (l’éditeur l’avait fait connaître en France en 2008 avec Sun-Ken Rock), une édition collector du tome 1 accompagne la sortie. C’est une exclusivité mondiale conçue pour le marché français avec l’accord de Shûeisha.

Concrètement, cette version propose une jaquette exclusive à effet métallisé et surtout l’intégralité des éléments en couleurs tels qu’ils étaient proposés lors de la prépublication japonaise sur Shonen Jump+. Car sur cette série, Boichi ne se contente pas du noir et blanc : il colorise, partiellement ou entièrement, ses planches pour faire ressortir certains éléments et jouer dessus.

Et le résultat est exactement ce qu’on attend d’un bel objet. Dans son plus simple appareil, sur un papier épais et glacé, la couleur arrive par petites touches parfaitement dosées. Elle ne noie jamais le dessin, elle le souligne. Ce sont le trait et le traité de l’auteur qui restent au premier plan, la couleur venant juste guider l’œil là où il faut. Pour une œuvre aussi graphique, ce parti pris est le bon.

The Marshal King : mon avis, faut-il craquer ?

Si vous aimez Boichi, la question ne se pose même pas. The Marshal King réunit tout ce qui fait sa patte : le souffle du cinéma, la démesure visuelle et la mécanique implacable des grands shonen d’action, avec en prime un scénario entièrement de sa main. Le premier tome se dévore et donne immédiatement envie de la suite.

La série est en cours (trois tomes au Japon à l’heure où j’écris) et est prépubliée depuis février 2025. Pour l’édition, à vous de voir : la version noir et blanc classique fait très bien le travail, mais franchement, pour une œuvre où le dessin est à ce point la star, l’édition collector et ses pages couleurs valent le petit supplément.

Où le trouver : The Marshal King – Tome 1 (édition collector) sur Amazon (lien affilié). Pensez à vérifier la disponibilité de l’édition collector, souvent tirée en quantité limitée.

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