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Virons de board: larguons les pads…

homme-pokerUn article un peu inhabituel mais quelque peu rafraichissant : si nous avons souvent associé les jeux de sociétés à de parfois pénibles sessions de Trivial Pursuit ou Monopoly en famille ou entre amis (misère). Il faut se rendre à l’évidence: les jeux de sociétés ont amorcés une mutation incroyable et leur marché ne cesse de croitre. Ils deviennent festifs, conviviaux, mais aussi plus beaux et plus adulte. Contrairement aux jeux vidéo qui ont du mal à inventer de nouveau genre, le jeu de société est en plein boum et si vous en doutez, il me suffira de préciser que le festival des jeux à Cannes a attiré 170 000 personnes en 2011 donc très proches des 180 000 visiteurs du Paris Game Week et que les chiffres sont comparables sur les conventions de nos voisins allemands avec le célèbre festival Spiel à Essen. Un secteur qui fait peu parler de lui mais qui est donc en pleine forme.

Tandis que les consoles next gen et les PCs ont amorcé un mouvement vers les modes (massivement) multi joueurs en ligne (jeux sur les réseaux sociaux, Windows live,…) les jeux de société quant à eux réunissent les joueurs autour d’une table pour conquérir un empire (Colon de Catan, Dominion, Small Words) , casser de l’orcs (Orcz, De l’Orcs pour les Braves), comploter pour le pouvoir (illuminati), construire des villes (Carcassonne, Torres, Citadel), démasquer espion et assassin (les Loups Garous de Thiercelieux basé sur le fameux Mafia Game), avec une variété dans les mécanismes qui feraient pâlir d’envie tout game designer soucieux d’innover. Loin des soirées arides, torturé sur la roue monotone du Monopoly, les thèmes qui s’offrent à nous font frémir la narine de tout gamer à la perspective d’élaborer des stratégies complexes pour tromper l’ennemi dont on va pouvoir enfin admirer la mine déconfite.

C’est ce besoin d’interaction et de défi qui explique le succès du Poker avec un pic sans précédent de 2005 à 2010. En effet, le texas holdem a fait table rase du poker à 5 cartes, basé sur le hasard, en offrant un jeu de stratégie où la psychologie tient la première place et a su très rapidement soulevé l’enthousiasme. Son caractère adulte a permis à de nombreuses personnes de redécouvrir le plaisir de jouer ensemble sans crainte de se voir taxer de gamin, ouvrant ainsi la porte à tout un univers ludique jusque-là réservé à une petite communauté de passionnés.

En plus de ce qui se passe sur la surface de jeu, le jeu de société à une autre dimension: les joueurs! Et dans un jeu tel que le Mafia Game originale c’est même tout ce qui reste. Quel plaisir que de deviner le prochain mouvement, déceler dans le comportement la trace d’une supercherie, négocier, mentir éhontément à son meilleur pote. Bref, ressentir le frisson indicible de tenter de bluffer son entourage ou parvenir à lire le jeu de l’adversaire n’a pas de prix. Pour mieux les vaincre, vous devrez décrypter le langage du corps des autres joueurs et analyser l’expression de leurs visages pour repérer les petits tics qui vont les trahir… L’expérience de jeu est donc beaucoup plus riche!

Si les développeurs tentent de simuler ces interactions, elles ne sont pas encore satisfaisantes, aussi ce sont sur d’autres aspects que le dialogue jeux vidéo/jeux de plateau a lieu, notamment au niveau des thématiques: Donjons et Dragons est bien sûr à l’origine des RPG, Games Workshop a su porter ses jeux de stratégies fantastiques sur PC avec succès (Dawn of War, Blood Bowl) de même que la société Rackham avec Confrontation. Les classiques ne manquent pas à l’appel que ce soit sur l’Apple Store ou le XBOX live.

Mais la tendance inverse existe également avec des jeux PC qui viennent inspirer les jeux de plateaux.

Tetris, l’un des jeux vidéo qui a été le plus joué au monde et qui a popularisé les tetrominos, a été adapté en sur plateaux et à certainement inspirer le jeu Katamino qui est très réussi en ajoutant la notion de temps pour résoudre un puzzle. Mario s’est vue transporté sur nos tables par MB (pics or it didn’t happen: http://www.youtube.com/watch?v=gD5N0Eo7ITU). Pokemon avec ses cartes à collectionner et plus récemment Tomb Raider – Angel of Darkness. Dune est également un excellent exemple: un roman inspire un jeu de plateau qui inspire un jeu video et qui initie toute une serie de jeux sur le commerce et la diplomatie intergalactique. Twilight Imperium prend donc sa source dans la tradition des grands space opera qui après avoir ouvert nos écrans aux galaxies lointaines revient sur nos tables de stratèges.

En espérant que cet enrichissement mutuel continu pour que les jeux vidéo puissent offrir plus que le plaisir des yeux par la performance technique – certains jeux font maintenant penser à des films interactifs- et offrent des expériences ludiques plus riches et un renouvellement des genres qui serait bienvenue et que l’inventivité et la variété des mécanismes qui règnent sur les tables touchent enfin nos écrans. Des beaux jeux? Oui! Du Game Play? Aussi :D.

Pour les nombres de visiteurs des différents salons: source Wikipedia.

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